Par : Webmestre
Publié : 12 novembre 2014

17 NOVEMBRE 1973, LA REVOLTE DES ETUDIANTS DE L’ECOLE POLYTECHNIQUE D’ATHENES

         Depuis le 21/04/1967 et le coup d’état des colonels avec l’appui actif de la CIA, toute expression politique est interdite. La population grecque, terrorisée, ne réagit pas. Les hommes politiques démocrates, et surtout de ceux de la Gauche, sont arrêtés et emprisonnés. Les partis politiques sont interdits. La Grèce, pays dans lequel la démocratie est née, souffre sous la répression du régime militaire auto baptisé « révolution nationale du 21/04/1967 » (Εθνικεπανστασητης 21/04/1967).

Des poches de résistance sporadiques apparaissent sans pour autant déséquilibrer la dictature. En 1973, le régime isolé politiquement à l’extérieur commence à s’énerver. De plus en plus, des revendications étudiantes naissent pour une société libre et démocratique. La junte militaire répond avec une loi qui annule la possibilité de reporter le service militaire à tout étudiant participant à des actions politiques ou s’opposant au gouvernement militaire. En février 1973, les étudiants occupent l’école de Droit et exposent sur le toit de l’université un panneau « Ψωμί, παιδεία, ελευθερα » (du pain, de l’éducation, de la liberté). Cet acte est le début de la fin de la dictature et le départ d’une longue lutte pour conquérir la liberté et la démocratie. La répression a été dure, caractérisée par des emprisonnements et jugements aux peines très lourdes.
 
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Le mardi 13 novembre 1973, des groupes d’étudiants occupent l’espace de l’école polytechnique d’Athènes. Ils fabriquent un émetteur radio, c’est la radio des étudiant libres « 
Εδπολυτεχνεο » (edo polutechnio = ici école polytechnique)
La radio étudiante lance des appels à tout homme libre pour rejoindre le mouvement, et demande fermement le départ de la junte des colonels. Des étudiants de toutes les universités rejoignent le centre d’Athènes pour les soutenir. Des citoyens s’associent au mouvement étudiant. La police ne fait plus peur malgré des assauts successifs. Le quartier entier de l’école polytechnique est libre. Le vendredi 16 Novembre, les universités de Salonique et Patras sont aussi occupées par les étudiants. Le soir de ce même jour, le régime ne contrôle plus rien au centre d’Athènes. Les agences de presse du monde entier informent la population grecque de l’évolution de la situation, car les médias locaux ignorent l’évènement.
 
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 Nikos Xylouris, le grand chanteur crétois, est venu le 16/11/1973 à l’école polytechnique pour soutenir les étudiants révoltés

 « Λαέ, μησφίξειςάλλοτοζωνάρι
ηπείνατοκαμάριείναιτουκιοτή,
τουσκλάβουπουτουμέλλειναθαφτεί ! »

 « Peuple, ne serre plus la ceinture
la faim est la « fierté » de celui qui a peur, de l’esclave qu’attend d’être enterré ! »
 
 
  Tous espèrent une évolution positive mais tous ont la crainte des militaires qui s’accrochent au pouvoir.
Pour le régime, il n’y a qu’une seule solution : la répression violente. L’armée va intervenir tard dans la nuit du vendredi 16 novembre ; les chars blindés sont devant l’entrée de l’école polytechnique et chassent tout opposant à l’extérieur. Les étudiants intérieurs décident de résister.
Dès les premières heures du samedi matin 17 novembre 1973, un char-blindé pénètre de force au sein de l’université. La violence de l’attaque est sauvage : il y a officiellement 34 morts, mais en vérité beaucoup plus. Des centaines de blessés se cachent pour éviter l’arrestation. Des milliers d’arrêtés et d’emprisonnés vont subir la torture par la police militaire. La radio libre cesse d’émettre. Un coup d’état de l’armée renverse encore le colonel Georges Papadopoulos le 25/11/1973, le général Phaedon Gizikis est le nouveau président mais c’est le colonel Ioannis Ioannidis qui est le nouveau maître. Le régime très affaibli politiquement, et isolé au niveau international, est en fin de souffle. La grande répression témoigne de son agonie, la chute se fait proche. Mais avant de tomber, est organisé en juillet 1974 le coup d’état à Chypre pour renverser Mgr Makarios, élu démocratiquement. Cet événement est le prétexte de la Turquie pour envahir l’île. Soixante-milles soldats turcs occupent, depuis lors, 40% du territoire chypriote. Des centaines de morts chypriotes grecs, plus de 1700 portés disparus, 200.000 réfugiés grecs se déracinent en quittant la terre des leurs ancêtres occupé par l’armée d’Attila. Malgré plusieurs résolutions des nations unies contenant l’armée d’occupation turque, l’ile est toujours divisée et les réfugiés n’ont pas pu retrouver ni leurs maisons et ni leurs biens.
Après 7 ans de dictature, la Grèce est isolée politiquement, sans aucune possibilité de réagir sur la situation provoquée par l’invasion en Chypre. La trahison de la dictature crée une vraie tragédie pour les chypriotes : irréparable. Devant les difficultés et la tension avec la Turquie le régime tombe. L’armée grecque rappelle K. Karamalis (Conservateur), alors en exil à Paris, afin de gérer la crise. Karamanlis arrive en Grèce le 24/07/2014 et forme un gouvernement d’unité nationale. Les prisonniers politiques se libèrent, les réfugiés politiques reviennent au pays. Dans une liesse populaire, l’accueil de la démocratie est enivrant. Melina Merkouri, Mikis Theodorakis, Andreas Papandreou, Charilaos Florakis reviennent retrouvent la Grèce.
Le 18 novembre 1974, après 7 ans de dictature, le peuple grec retrouve les urnes pour élire librement et démocratiquement le parlement. Dans une ambiance passionnée, Kostantinos Karamanlis obtient la majorité absolue et forme le premier gouvernement élu démocratiquement. Le parti communiste grecque KKE, autorisé pour la première fois à visage découvert, participe et élit ses premiers députés. Une nouvelle période commence.
Aujourd’hui, après 40 ans, les grecs ont certes chassé la dictature qu’incarnait l’uniforme des colonels, mais une autre forme de dictature, cette fois-ci en costume et sans visage s’est installée : la dictature financière, la Troïka(FMI, BCE, Commission).
Christos ZIAS
 
 
Ci-dessous plusieurs liens vers documents relatifs à cette période
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Journal télévisé de 20h du 17 novembre 1973 (extrait)
La version de la télévision française des évènements du 17 novembre 1973 à Athènes.
C’est le jour de l’intervention de l’armée pour évacuer l’occupation de l’école Polytechnique d’Athènes, sur ordre de la junte de colonels qui ont pris le pouvoir en Grèce le 21 avril 1967.
6ème anniversaire du coup d’état en Grèce avril 1973
24 Heures sur la Une du 25 novembre 1973 "Coup d’état en Grèce" - Archive INA
La Grèce commémore la révolte des étudiants de 1973
Grèce : 40ème anniversaire du soulèvement étudiant
Grèce : des milliers de manifestants contre l’austérité‎
Πολυτεχνείο 1973ECOLE POLYTECHNIQUE 1973
ΜέροςA’
Μέρος Β’
https ://www.youtube.com/watch ?v=A-hmsqg3l0o&NR=1
Σεληνόφως - 21ηΑπριλίου 1967 - Historical Film-Docunent on the Coup of 21/4/1967
Georges Moustaki et Mikis Theodorákis 1970
21,mai,1970 "A l’affiche du monde"Making of "Nous sommes deux "
Kalogiannis, Theodorakis - Andreas (1974
Ellada, i kravgi tis siopis LE CRI DE SILENCE
(1974, part 1)
(1974, part 2)
(1974, part 3)
(1974, part 4)
(1974, part 5)
(1974, part 6)