Par : Webmestre
Publié : 24 mars

La Macédoine, une histoire grecque

 Epopée du peuple Grec, la Macédoine, c’est l’hellénisme lumineux, rayonnant dans les créations de l’esprit avec Aristote et Démocrite, dans les joutes oratoires exceptionnelles entre Démosthène d’Athènes et Philippe de Macédoine et dans la gloire militaire avec Alexandre le Grand. Cette œuvre macédonienne née entre le Mont Olympe et le lac de Kastoria ne s’est pas poursuivie dans les Balkans quelque part au nord de Flόrina mais bien à Athènes et à Rome ; Rome, héritière et tutrice de l’hellénisme ! En d’autres termes, la déclaration de succession de l’héritage macédonien passe par Rome et non par Skopljé.

    A sa création nominale le 3 octobre 1929 par le roi Alexandre Ier Karageorgévitch, le royaume de Yougoslavie dénommait sa région méridionale dont la capitale était Skopljé, la Vardarska c’est-à-dire la Banovine du Vardar. C’est ce qu’atteste l’édition copyrightée de 1933 du dictionnaire encyclopédique Larousse qui fut pendant de longues décennies la base de notre culture et de nos enseignements et aussi l’une des références européennes.

Alors, aujourd’hui, il peut devenir irritant de parler de mythe et d’identité. Mais il faut bien se rendre à l’évidence : au sein des crises actuelles que notre humanité affronte, le patronyme réel, non fantasmé, les racines d’un être ou d’un espace géographique aident quotidiennement à se situer pour affermir son avenir, à trouver un sens et de là à coopérer dans la Fraternité avec ses voisins.

Il est aisément compréhensible que l’ancienne Vardarska, amputée du territoire du Kosovo, aujourd’hui FYROM, dont la capitale est Skopljé, veuille revendiquer le nom de Macédoine qui lui ouvrirait les portes d’un des épisodes les plus glorieux du passé de la pensée occidentale. Mais ce passé est grec ! Il se décline en langue grecque et correspond au territoire des Argéades, c’est-à-dire à la province grecque de Macédoine.

Nommer la FYROM, Macédoine, c’est à cet égard, une dépossession d’identité, une spoliation au regard de l’Histoire.

Nos départements du Nord et du Pas-de-Calais unis aux Pays-Bas, à la Belgique et au Luxembourg furent l’apanage des illustres ducs de Bourgogne, notamment Philippe le Bon, fondateur à Bruges de l’Ordre de la Toison d’Or dont le premier chapitre se tint à Lille, et Charles le Téméraire. Ils ont longtemps formé le « Cercle de Bourgogne » sous l’autorité des Habsbourg d’Autriche et d’Espagne jusqu’à l’indépendance proclamée par Guillaume le Taciturne de la République des 7 Provinces-Unies. Charles-Quint né à Gand s’estimait avant tout bourguignon. Voit-on le Bénélux ou le Nord-Pas-de-Calais revendiquer la prestigieuse appellation « Bourgogne » aujourd’hui ?

Gardons la tête sur les épaules et n’outrageons pas l’histoire. Rien de durable, de solide, ne se fonde sur le mensonge.

Comment les citoyens de la Vardarska pourraient-ils se créer un avenir que nous leur souhaitons le meilleur possible s’ils se trompaient ainsi sur leurs origines et sur leur personnalité, s’ils partaient d’hypothèses fausses ?

La Macédoine, c’est une part prestigieuse de l’hellénisme. Elle ne peut être autre chose.

La Macédoine, c’est intimement la Grèce.

 

Edouard Thilliez

Vice-président d’Horizons Grecs